le figaro
Alonso avec la baraka
Photo : Panoramic Formule 1, Grand Prix d'Europe, Compte Rendu
Gilles Festor, Sport24.com
Alors qu’il menait à deux tours de l’arrivée, Kimi Räikkönen, victime d’un bris de suspension, a été contraint à l’abandon et a laissé Fernando Alonso renouer avec la victoire au Grand Prix d'Europe, sa quatrième de la saison. L’Espagnol s’impose devant Nick Heidfeld et Rubens Barrichello, excellent troisième.
On attendait les Flèches d’Argent, dominatrices depuis trois courses ou les Williams, brillantes en qualifications sur le circuit du Nürburgring. C’est finalement Fernando Alonso (Renault) qui a remporté le Grand Prix d’Europe à l’issue d’une course qui s’est achevée sur un coup de théâtre avec l’abandon sur casse de la suspension de Kimi Räikkönen dans l'avant dernier tour. L’Espagnol, leader du championnat du monde, renoue avec la victoire qui le fuyait depuis trois courses et signe un quatrième succès cette saison.
Grâce à un départ en trombe, Kimi Räikkönen parvenait à devancer la Williams de Nick Heidfeld au premier virage. Comme lors des deux courses précédentes, Mark Webber manquait son entame de course et dans une tentative désespérée pour récupérer sa troisième place, l’Australien harponnait Juan Pablo Montoya dans le premier virage avant d'abandonner. Dans son embardée, Webber poussait M.Schumacher et la Toyota de son frère Ralf à la faute, ce dernier perdant son aileron avant dans la mésaventure.
Webber, roi des départs ratés
Comme lors des courses précédentes, Kimi Räikkönen s’envolait en tête de la course, poursuivi par Heidfeld et Trulli. Joie de courte durée pour le Transalpin prié de rentrer aux stands, pénalisé de 15 secondes en raison d’une intervention tardive et interdite sur la Toyota juste avant le tour de formation. Coulthard, grand bénéficiaire de la pagaille du premier virage et Alonso fermaient le top 5. Plus loin, Fisichella, parti des stands pour avoir calé juste avant le départ de la course, obligeant les commissaires à opérer à un nouveau départ, revenait comme une bombe sur la onzième place de Michael Schumacher.
Première pour Red Bull
Les première monoplaces rentraient aux stands dès le 10e tour pour y effectuer leur ravitaillement. Devant, Räikkönen faisait le trou sur David Coulthard qui, sous la pression de Fernando Alonso, s’emparait de la tête de la course à la faveur de la valse des arrêts aux stands. L’Ecossais signait pour Red Bull le premier tour en tête d’une course de l’écurie. Mais l’ancien pilote McLaren déchantait quelques instants plus tard. Son excès de vitesse dans les stands lui coûtait une pénalité de 15 secondes.
Après un tiers de course, Fernando Alonso, un des derniers pilotes à n’être pas rentré aux stands, s’emparait du fauteuil de leader et signait le meilleur tour en course (1'30''816). Après son ravitaillement, la R25 reprenait sa place sur le podium à 18 secondes de Räikkönen, suivi de près par Heidfeld à 4’’. Plus à l’aise que le Baron Rouge (7e) talonné par Montoya, Rubens Barrichello s’installait en quatrième position avec une Ferrari performante.
Raïkkönen pressé
Parti à la faute à mi-course en sortant large dans un des nombreux virages en dévers du tracé, Räikkönen laissait Heidfeld passer en tête mais récupérait le gain de la première place grâce au deuxième arrêt de l’Allemand. Iceman, en délicatesse avec ses freins, s’offrait alors quelques frayeurs en sortant large une deuxième fois au bout de la ligne droite mais parvenait tout de même à conserver 15’’ d’avance sur la Renault d’Alonso. Très généreuse en dépassement dans sa première moitié, la course se figeait dans sa deuxième partie. Les positions n’allaient guère évoluer jusque dans le dernier tiers.
A 14 boucles de l’arrivée, alors qu’il naviguait en tête, profitant du dernier retour aux stands de Räïkkönen et de la stratégie à trois arrêts non payante d'Heidfeld, Fernando Alonso partait à la faute, perdant de précieuses secondes. Reprenant logiquement son premier rang après le deuxième arrêt du pilote Renault, le Finlandais, handicapé par des pneus prêts à rendre l’âme dans les derniers tours, tentait de contenir le retour de la Renault. Alors qu’il s’acheminait vers une victoire sur le fil devant le leader du championnat, la suspension du Finlandais lâchait en pleine ligne droite et la Flèche d’Argent finissait sa course dans le bac à gravier. Une sortie de piste miraculeusement sans dommage pour le pilote McLaren. Fernando Alonso n’en demandait pas tant. S’emparant du fauteuil de leader, l’Espagnol terminait prudemment le grand prix et signait un nouvelle victoire cette saison. Le voilà idéalement relancé vers le sacre mondial !
Le classement du Grand Prix d'Europe :
1. Alonso (Esp, Renault)
2. Heidfeld (All, Williams)
3. Barrichello (Bré, Ferrari)
4. Coulthard (Eco, Red Bull)
5. M. Schumacher (All, Ferrari)
6. Fisichella (Ita, Renault)
7. Montoya (Col, McLaren)
8. Trulli (Ita, Toyota)
9. Liuzzi (Ita, Red Bull)
10. Button (GB, BAR Honda)
11. Massa (Bré, Sauber)
12. Sato (Jap, BAR Honda)
13. Villeneuve (Can, Sauber)
14. Karthikeyan (Ind, Jordan)
15. Monteiro (Por, Jordan)
16. Albers (PB, Minardi)
17. Friesacher (Aut, Minardi)
- Räikkönen (Fin, Mc Laren) ab
- R.Schumacher (All, Toyota) ab
- Webber (Aus, Williams) ab